Libres propos

Liberté d’expression ?

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Liberté d’expression ?

Je me sens libre d’exprimer ici quelques réflexions sur ce sujet d’actualité. Ceci après le meurtre odieux de l’enseignant qui avait parlé à ses élèves… de la liberté d’expression. À mon avis, cette intention est très louable et après l’événement les autorités l’ont effectivement louée. Ce qui me gêne, et en a sans doute gêné quelques-uns (j’espère), c’est le fait qu’il ait montré aux élèves, à titre d’exemple, la caricature de Mahomet qui avait été publiée dans Charlie Hebdo. Je n’oserais même pas vous la montrer ici, car j’en suis moi-même choqué. Cet enseignant devait savoir parfaitement que c’était de la provocation, qui avait déjà entrainé les attentats que l’on sait. Je pense qu’il ne devait pas ignorer qu’il risquait d’y avoir un « retour de flamme ». Certes ceux qui réagissent comme les terroristes, par une extrême violence, sont des obscurantistes fanatiques, voire diaboliques qu’on ne peut que condamner.

Mais : liberté d’expression jusqu’où ? Quelle liberté ?

Mon prof de philo disait : il y a deux petites bêtes dont il faut tenir compte, les « limitatout » et les « casoù » ! Pour cet enseignant assassiné comme pour beaucoup de gens aujourd’hui : pas de limite ! On est libre d’exprimer ce qu’on veut, de la manière qu’on veut et en toutes circonstances, c’est une règle fondamentale de la démocratie. Je dis : oui, ok, mais, personnellement, il y a des « cas où » cela ne m’est pas possible, car il y a des « limites à tout ». En raison, du simple respect d’autrui, en particulier de ses croyances fondamentales. Même si cet autrui a tous les torts et tous les défauts imaginables. On retrouve la même problématique que pour la question de la torture (cependant je pense que là il ne peut pas y avoir de « cas où »). Cet enseignant aurait pu citer cet exemple sans montrer la photo, qui ne rajoutait rien au propos. On peut citer d’autres cas, comme les images ou vidéos porno étalées gratuitement sur internet et accessibles aux plus jeunes en quelques clics. Je ne pense pas qu’il en aurait montré aux élèves, par exemple dans un propos éducatif sur la sexualité ou le bon usage du web. Et pourtant innombrables sont les défenseurs de la liberté d’expression sur internet ou sur les réseaux sociaux, sans aucune limite ni censure. En fait le dilemme « casoù » – « limitatout » se joue aussi dans ce domaine de la censure.

A mon sens, ce n’est pas une question de principe, mais tout simplement de morale, relevant de la plus élémentaire intelligence, ou sagesse. Et cette question dépasse de loin le niveau dissertation philo du Bac ! Car on a vu que cela peut entrainer des scandales et des morts. Alors réfléchissons avant de parler ou d’écrire. Comme disait l’apôtre Paul : « la vérité dans l’amour »…

Francis Willm

À propos de l'auteur

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Alain Rey

Directeur de la publication Hier & Aujourd'hui
Pasteur de l'EPUdF
Études à Montpellier, Berkeley et Genève
Pasteur à Fleury-Mérogis, Mende, au Defap et à la Cevaa

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