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Nouveaux regards sur l’Ancien Testament
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Les deux éditeurs présentent le travail de divers intervenants dans une série de cours publics à la Faculté protestante de Théologie de Montpellier, pendant l’année 2021-2022. Ces derniers constituent une approche diversifiée de l’Ancien Testament, au-delà de la compétence des seuls biblistes. Après trois communications sur diverses approches scripturaires, cinq théologiens de disciplines différentes (historique, pratique, systématique) font part de leurs références à la source vétérotestamentaire dans leurs domaines respectifs.
Avec l’étude de divers textes scripturaires, des biblistes proposent d’abord quelques outils ou paramètres propres à la lecture de l’Ancien Testament (exégèse et herméneutique).
Puis, une historienne montre que l’herméneutique (l’interprétation) est conditionnée par le contexte de vie du lecteur ou du bibliste. Le cas d’Origène (début du 3ᵉ siècle), l’un des fondateurs de l’exégèse chrétienne, est significatif à cet égard. Au-delà du sens littéral, il propose une lecture spirituelle et christologique de l’Ancien Testament, face à divers interlocuteurs, juif (la diaspora), chrétien hérétique (Marcion), philosophique (gréco-romain), et avec son souci des “gens simples”.
Un missiologue nous emmène dans les îles du Pacifique sud, où les missionnaires protestants eurent tant de difficultés à traduire la Bible judéo-chrétienne pour un contexte socio-culturel si différent du monde occidental. Comment y traduire le mot “dieu” (dans le récit de la création) ? Qu’y faire du décalogue ? Il convient d’entendre aujourd’hui la voix de leurs théologiens qui appellent leurs confrères occidentaux à passer du salut personnel au salut de la création.
Un professeur de “théologie pratique” recourt à l’exégèse vétérotestamentaire (étude des personnages du “vieux prophète” de Béthel et de “l’homme de Dieu” de Jérusalem – I R.13) pour illustrer un enseignement pastoral : la vérité n’est pas d’ordre moral récompensant les justes et punissant les méchants (ou menteurs). Les uns et les autres ont une valeur (une importance) au-delà (en Dieu ?) de leurs désirs propres, de leurs vérités ou de leurs faits et gestes. L’humain est plus complexe. ─ Un autre encore invite à trouver dans l’ensemble de l’Ancien Testament la révélation du Dieu souverain d’amour, de justice et de paix, dont l’humanité s‘acharne à s’affranchir, voire à s’emparer. Luther et Bultmann aident à trouver dans les Ancien et Nouveau Testaments un Dieu libre et gracieux.
Enfin, un théologien systématicien aborde la question du titre des deux grandes parties de la Bible chrétienne (Ancien et Nouveau Testaments) avec la fâcheuse hiérarchie que cela implique, source de blocages dans le dialogue judéo-chrétien. Au-delà de la terminologie, on devrait pouvoir considérer le judaïsme et le christianisme comme deux courants divers issus d’une même source, l’Alliance (Testament) originelle dont témoigne ce que les chrétiens nomment Ancien Testament.
Gilbert Charbonnier pour Libre Sens
Antier Guilhen – Nocquet Dany (éd.), NOUVEAUX REGARDS SUR L’ANCIEN TESTAMENT, Approches interdisciplinaires de la Bible hébraïque, Éditions Olivétan, Collection Théologies – 4e trimestre 2023, ISBN : 978-2-35479-638-9 – 210 pages (225×140×16 mm) – 18,00€