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Pastorale des pasteurs retraités d’Alsace-Moselle, 15 Juin 2021
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Après avoir été plusieurs fois reportée depuis avril 2020, la rencontre a pu avoir lieu, le 15 juin 2021, à Haguenau, au nord de Strasbourg. Les 2 jours 1/2 habituels se sont transformés en une journée de retrouvailles avec une trentaine de pasteurs retraités et leurs conjoints. Les deux intervenants, Madeleine Wieger, maître de conférences en théologie systématique à la Faculté de théologie de Strasbourg et Martin Kopp, président de la commission écologique de la FPF, nous ont conduits dans une réflexion : comment en tant que chrétien vivre le défi écologique, quel regard la Bible porte sur notre avenir et ses enjeux ?
Madeleine Wieger déclare d’emblée que sa réflexion n’est pas celle d’une militante mais d’une théologienne qui s’interroge sur le sens théologique de l’écologie. Nous avons ainsi parcouru un chemin au travers des textes bibliques. Ces textes tissent un lien étroit entre notre rapport à la nature et notre rapport au temps. La Bible ne nous parle pas d’une nature abstraite, mais d’une création divine inscrite dans le temps, dans l’alternance du jour et de la nuit, dans le rythme des fêtes et des sabbats (Genèse 1/5.14 et 2/2-3). Dieu le créateur en est le propriétaire (Psaumes 24/1 et 89/12). L’homme travaille la terre, mais elle ne lui appartient pas. Cela lui est rappelé chaque fois que son tempo humain doit laisser la place au rythme sabbatique de la terre : Dieu lui commande de donner à la terre son repos pendant une année entière tous les sept ans (Lévitique 25/1-25). L’homme est alors nourri par la seule grâce de Dieu et se souvient qu’il n’est que cocréateur. Mais cet équilibre, commandé par Dieu, entre le rythme de la création et le temps de l’homme n’a sans doute jamais été mis en œuvre. La création divine est emportée dans l’histoire des humains, qui est aussi l’histoire de leur péché. Et si l’homme ne pratique plus la justice et l’équilibre divins, s’il oublie la gloire de Dieu qui transparaît dans sa création (Romains 1/18-32), il se met à la détruire : quand l’homme pèche, la création souffre. Mais cela signifie aussi que lorsque Dieu ouvre à l’homme un avenir, la création se prend à espérer avec lui (Romains 8/18-25 ; voir 4 Esdras 7). Leurs destinées sont liées : à aucun moment, la Bible ne dit que la nature se porterait mieux si l’homme en était absent. Dieu n’est pas moins solidaire de l’homme que de la création. C’est pourquoi la Bible ne prêche pas la nostalgie d’une nature vierge détériorée par la faute de l’homme, mais l’espérance d’un salut commun. La perfection de la création n’est pas derrière nous, mais devant nous : le loup n’est pas encore capable de dormir avec l’agneau, mais Dieu fait la promesse d’une nouvelle terre et de cieux nouveaux (Ésaïe 11/6 ; Apocalypse 21/1). Si notre rapport au temps est marqué par cette espérance, notre rapport à la création doit l’être également. Il le sera si nous remettons inlassablement à Dieu sa création, alors même que nous avons parfois l’impression de devoir la sauver tout seuls.
Martin Kopp nous a emmenés sur un terrain concret, l’agir chrétien et la nécessité d’incarner dans notre vie un chemin de conversion écologique. Ce parcours passe par 3 étapes :
Ce qui entraîne des changements concrets dans notre vie quotidienne :
Avec le Pape François dans son encyclique Laudato si (§ 205) croyons « que tout n’est pas perdu » !
Message d’espérance marqué par la présence de Christian Krieger, vice président de l’UEPAL, qui a exposé les nombreuses initiatives et la créativité dont les pasteurs et les communautés ont fait preuve pendant la période de confinement.