L’étang de Sanguinet
Le déménagement de la Côte Aquitaine
C’est ainsi que l’on avait, à la suite de Bernard Charbonneau, appelé la planification du tourisme prévue par la Mission interministérielle pour l’aménagement de la côte aquitaine….
En un siècle nous aurons vécu localement trois « révolutions » industrielles (je ne sais pas comment appeler cela autrement)
Parmi mes premiers souvenirs d’enfant, il y a l’étang de Sanguinet où l’on campait (en camping sauvage, bien sûr), ma peur des vaches landaises qui se promenaient où elles voulaient en débroussaillant les sous-bois…
Plus tard je pense avoir croisé plusieurs fois Jean Chalosse, (on avait peur de lui…) le dernier berger des Landes qui vivait à Bordeaux sur les marches de la faculté de médecine en mendiant… il avait vendu son corps à la « science », épave d’un autre temps… Ainsi, la monoculture du pin avait triomphé… puis périclité avec la fin de l’exploitation de la résine. Et ce ne sont pas les incendies qui l’ont tuée mais bien l’économie (si mal nommée)
Plus tard encore, nous avons été chassés du paradis qu’était le village de l’Herbe (chez Melle Dubet, remailleuse de filets) et des alentours, chassés par la pression touristique sur la presqu’île du Cap Ferret… Finies les baignades libres dans les vagues de l’océan, bonjour les embouteillages ! La pollution tuait les huîtres, les marsouins et les dauphins ne venaient plus jouer avec nous… ils s’échouaient sur la côte avec la queue coupée, témoins pourrissants de la pêche industrielle…
J’assiste aujourd’hui à la fin d’une forêt où la nature essayait de pactiser avec l’homme en recréant un sous-bois de feuillus, en préparant l’avenir… La déforestation a commencé par d’immenses cultures industrielles émigrées de la Beauce et désormais les champs de panneaux solaires accueilleront les touristes. L’eau des nappes phréatiques et des étangs sera réquisitionnée pour la grande ville. On nous dit que Bordeaux est menacé par le feu mais c’est le mode de vie de notre société, qui est en question… Je m’étonne : beaucoup ont fait des profits, mais qui paie l’addition, la « douloureuse » ?